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Lego: Star Wars II

Le tour de force

Avant-propos : nous avons décidé de baser notre texte sur LEGO STAR WARS II : la trilogie originale, jeu auquel nous avons joué. Toutefois, la nature du texte est compatible aux autres épisodes Lego Star Wars voire même, aux autres franchises estampillées Lego comme Lego Batman, Lego Indiana Jones etc.

Voilà un mélange étrange, mêler l’univers Star Wars avec celui des briques Lego. Pourtant, à l’écran, la plus belle preuve de cette alchimie réussie est de voir certains personnages utiliser la Force pour construire ou déconstruire, comme des schémas éclatés, ces objets constitués de briques. Une belle synergie pour un jeu qui cache un autre tour de Force : celui de rassembler les joueurs.

Jeu d’action aventure lorgnant du côté beat’em all, Lego Star Wars II (LSWII) est loin d’être un concurrent sérieux aux maîtres du genre, qui peaufinent un système de jeu dont dépend souvent leur intérêt, comme peut l’être Devil May Cry 4. Lego Star Wars LSWII propose un système de combat à priori basique, avec peu de touches. Et si les personnages ont des capacités différentes, les possibilités de combos sont quant à elles limitées. Les personnages se contrôlent avec une certaine lenteur et leurs actions manquent parfois de précision (il faut avouer que la caméra fixe trompe les perspectives). Qui plus est, le système d’esquive ou de parade, selon le personnage, est simple, la pression d’un seul bouton étant suffisante. Et s’il peut arriver de perdre les quatre coeurs de vie, pas de panique : votre personnage explose en petites pièces legos - celles collectées durant le niveau - et réapparaît quelques secondes plus tard, comme si de rien n’était. Le jeu est donc sans véritable game over.
Il en va de même pour les énigmes. Certaines utilisent à merveille la logique de construction propre au lego, comme reconstituer des mécanismes, ou déconstruire deux objets pour en fabriquer un troisième, mais ne sont pas conçues pour bloquer le joueur.

C’est un parti pris assumé par le studio de développement, Traveller’s Tales. LSWII est un jeu à la prise en main immédiate pour un plaisir de jeu instantané, à priori réalisé pour être accessible à un public soit jeune, néophyte ou occasionnel. C’est en tout cas le bilan que l’on pourrait tirer une fois les dix-huit niveaux terminés (six niveaux pour chaque épisode de la saga). Car calquant une structure old school, finir le jeu « une première fois » n’est découvrir que la partie émergée de l’iceberg.

Dans sa présentation globale, le jeu propose une warp zone à la Crash Bandicoot 3 : Warped par exemple, ici un bâtiment appelé Cantina de Mos Eisley. Le joueur peut même aller à l’extérieur, et si nous sommes très loin d’une ville hub à la Super Mario Sunshine, il emprunte à ce genre de jeu la structure.
Cette structure justement, héritée d’une manière de jouer dominante dans les années 80/90, se focalise sur la collection d’objets divers. L’univers Lego n’a jamais été ici autant à son aise. Le joueur doit collectionner, briques dorées ou rouges, pièces de vaisseaux (les minikits) sans oublier les indémodables pièces. Ces dernières seront monnayées contre de nouveaux personnages - pour compléter la collection - qui pourront parcourir les mondes débloqués ou des extras qui permettront d’affecter personnages, armes. Les briques déverrouilleront modes secrets, missions secrètes. Les minikits, quant à eux, permettront d’assembler des vaisseaux de l’univers Star Wars, contre récompense, évidemment. Chacune de ces nouvelles quêtes sont autant de moyens de revenir aux mondes terminés avec de nouveaux personnages, pour faire et refaire des niveaux qui regorgent de nouveaux objectifs et de nouveaux secrets.

En effet, après avoir terminé pour une première fois l’aventure, on découvre que nos nouveaux personnages peuvent atteindre des endroits jusque là inatteignables. On aurait pu croire à une astuce destinée à rallonger artificiellement la durée de vie. Ce n’est vrai qu’en partie. Car plus que de revenir dans des lieux connus, les nouveaux personnages peuvent également avoir accès à des pans entiers du niveau, inédits. Autrement dit, chaque niveau se découvre sous un jour nouveau, avec une complexité, une profondeur difficilement imaginable de prime abord. LSWII se dévoile petit à petit. Autre signe de nouvelle complexité, la possibilité de jouer plusieurs personnages interchangeables par simple pression d’une touche. Au final, on se retrouve avec un avatar qui peut revêtir la forme de divers personnages, chacun avec des capacités différentes. Et le joueur, même débutant, pourra alors sans mal diriger un personnage aux capacités variées. Mieux encore, le jeu offre la possibilité de créer deux personnages uniques par le joueur (grâce à des éléments des autres personnages existants), qu’il aura le plaisir de contrôler dans les niveaux.

Soyons clairs, LSWII n’a rien de révolutionnaire, bien au contraire. A travers un jeu à double licence et donc attrayant pour un large public, du joueur occasionnel à expérimenté, Traveller’s Tales a fait le choix d’une formule que l’on pourrait qualifier d’académique, mais qui confère à LSWII plusieurs niveaux de jeu. Et entre des productions de plus en plus pompeuses mais courtes et un nivellement par le bas de la qualité des productions destinées nouveaux joueurs, LSWII est un jeu humble mais appliqué (au point que la licence se répète déjà), qui parvient à un objectif à priori simple et pourtant si complexe à réaliser : plaire à tout le monde. LSWII parvient à se moquer des frontières posées entre les joueurs et même à s’imposer, pourquoi pas, comme un bon jeu aux yeux de tous.


Numerimaniac

- Publié le 12/03/2009 -

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