Numericity








Brève du 20/05/2010

Avatar le jeu : exemple typique de pollution marketing.

Nous le savons désormais, autant le film de James Cameron, Avatar, a été un joli succès au cinéma pour un film se voulant « révolutionnaire », autant l’engouement autour du film de la part du public ne s’est pas retrouvé sur son produit dérivé, c’est à dire son adaptation en jeu vidéo. Adapté par Ubisoft, son directeur général, Yves Guillemot, s’explique sur cette curieuse contre-performance :

« On savait qu'on prenait [un risque]. Le fait que le film sorte en décembre était un problème potentiel, et ça s'est soldé par un problème. On pensait que le jeu continuerait de se vendre après la nouvelle année, mais au lieu de ça, il a suivi une courbe de ventes descendante, plus typique ».

Le problème du mois de décembre fait référence au problème latent des adaptations, c'est-à-dire le délai. En clair, les jeux adaptés doivent à tout prix sortir en même temps que la sortie du film (souvent un peu avant) pour pouvoir bénéficier de ventes optimums. Le revers de ce type de développement est que les jeux sont rarement terminés et finalisés comme ils devraient l’être, pressés par une date de sortie qu’il ne faut en aucun cas manquer, participant d’ailleurs généralement admise que les adaptations en jeux de films sont moins bons que la moyenne.

Ce qui est amusant dans ce genre d’affaire, c’est de relever la contradiction entre le discours promotionnel et la réalité avouée (une fois le jeu sur le marché bien entendu). Il suffit de regarder le premier developper’s diary (journal de développeur) pour s’en rendre compte. On nous promet une relation jamais aussi étroite entre un développeur de jeu vidéo et l’équipe du film. Des mots comme « epic creative partners », « unprecedented collaboration » s’affichent sur notre écran, entrecoupés de courts extraits du jeu. Le tout, sur fond de promesses : les développeurs ont accès à tout pour développer leur jeu, l’expérience que nous allons vivre sera incroyable (ce n'est pas vraiment un jeu, mais une expérience pouvons-nous entendre). Et même, le réalisateur James Cameron, en guise de caution, vient nous expliquer cette collaboration forcément unique.

Ce qui est moins amusant dans ce genre d’affaire, c’est de se dire que tous les secteurs du développement et toutes les informations sont exclusivement émises dans le seul et unique but de vanter les qualités d’un titre et dans notre cas particulier, dans le mensonge (y compris quand on donne la parole aux développeurs). Comme toutes les adaptations, les développeurs n’ont pas eu accès à aucun élément du scénario ou de l’intrigue, par peur de fuites, alors que l’on nous fait croire à une collaboration sans précédent. Le discours marketing en est venu à occulter totalement l’information au sujet d’un jeu. Et aux sites « d’information » spécialisés, de relayer sans une once de regard critique, cette pollution.


Numerimaniac

- Publié le 20/05/2010 à 11:55 -

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