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Sid Meier’s Pirates !

Journal d’un pirate au gré du vent

Un destin lié par le coup du sort : une famille qui devait rembourser sa dette, voit ses bateaux qui la transportait coulés. Le créancier, la Marquis Montalban entre de rage dans la demeure de la famille et emprisonne tous ses membres pour les emmener dans le nouveau monde, en esclaves. Tous, sauf un enfant qui parvient à prendre la fuite. Quelques années plus tard, beau et fringant, ce jeune homme cherche dans une taverne un moyen de partir à l’aventure. Il décide de s’enrôler chez les Français, une des quatre nations présente dans les Amériques. Lors du périlleux voyage qui le mène au nouveau monde, une mutinerie éclate, et le jeune homme en est l’instigateur. Débarrassé du capitaine tyran et désormais homme libre pour une nouvelle vie, il s’apprête à se laisser guider par le vent dans les eaux turquoises des Caraïbes, en nouveau capitaine et maître de son destin, mais aussi pour étancher sa soif de vengeance, à bord de son sloop de guerre, le bien nommé Revanche. Extraits de journal d’un Pirate, bribe d’une vie de vingt-trois années enthousiasmantes mais aussi éreintantes de mer.

3 février 1660
Je me présente au premier port Français, la Martinique. Le gouverneur traite avec moi et m’annonce que la nation française est en guerre, entre autres, avec l’Espagne. Cela tombe bien pour un jeune Pirate comme moi. Les bateaux espagnols sont si présents dans la mer des Caraïbes et même sur les côtes du continent, qu’ils semblent naviguer par bans. Je trouve quelques hommes en plus à la taverne, pour compléter mon équipage initial de quarante marins.

5 février 1660
Mon premier bateau espagnol est tombé sous l’attaque du Revanche. C’était un Galion qui faisait route vers Santo Dominico. Mon sloop de guerre est trop petit pour attaquer de tels bateaux. Cependant, sa vitesse est excellente et sa man½uvre aisée. Je virevolte comme une guêpe autour des gros vaisseaux et je les harcèle à coups de canons – remplis de mitraille – pour éliminer leur équipage petit à petit. Et lorsque l’effectif de son équipage a été à peu près similaire au mien, je fonce à l’abordage. Le vieux capitaine du galion a tenu à se battre et nous avons échangé quelques coups d’épées. Le pauvre, il ignore que je suis un maître dans le maniement des armes et que muni de ma rapière, il ne peut rien. Le vieil homme est tombé à la mer et j’ai remporté ma première attaque. Des prisonniers se sont proposés à mon équipage pirate pour le compléter. Étant donné que je compte utiliser le Galion pour ses cales et que c’est un bateau lourd à diriger, les nouveaux bras ont été accueillis avec joie, ainsi qu’un charpentier, qui peut mener des réparations en mer.

7 juin 1660
Je me suis présenté, après à Florida Keys hier. Là bas, je suis rentré en homme triomphant, car ces cinq mois passés en mer m’ont été plus que bénéfiques. Je suis désormais possesseur d’une flotte aux cales remplies de vivres, d’épices et de joyaux. J’ai évidemment traité avec le commerçant de la cité pour tirer un excellent prix du sucre. Avec ces gains, j’ai pu réparer les voiles au chantier naval, fortement endommagées par des boulets enchaînés lors d’une bataille contre ce satané navire transportant des salaires militaires. Plus encore, le maître de ce chantier peut améliorer ma flotte posant un renfort en cuivre sur le flanc de mon vaisseau amiral. Je l’ai payé pour qu’il le fasse au plus vite. Entre temps, j’ai été convoqué par le gouverneur. Il n’a eu que des louanges pour mes exploits contre les Espagnols, et même promu au grade de capitaine, ce qui impressionne fortement la fille du gouverneur, plutôt charmante. Elle m’a invité à être son cavalier ce soir, pour le bal. Émoustillé par tant de récompense et aguiché par les faveurs d’une femme, dont je n’en n’avait pas vu trace depuis des mois, j’ai évidemment accepté. Mais ces femmes là ne sont pas faciles, attachées à un strict protocole de la séduction. Un pas de travers lors du bal et je serais la risée de tous ces entichés dans la salle de bal surchargée en signes de richesse, au point de vous en donner la nausée. Elle m’a accompagné lors de cette danse et mes erreurs ont été minimes. Cependant, elle ne m’a remise, qu’en guise de reconnaissance, une envie de le revoir… d’aventure.

8 juin 1660
Avant de reprendre le large, un tour à la taverne s’est imposé. Une vingtaine de matelots sont prêts à rejoindre l’équipage. J’ai discuté avec la serveuse, très impressionnée d’avoir en face d’elle celui qu’on annonce comme le septième pirate le plus célèbre des Caraïbes. Le tenancier, qui faisait mine de cirer son comptoir n’attendait que je me rapproche de lui pour me glisser, en un murmure, que Jean Laffite, le quatrième pirate des Caraïbes, écume les mers le long de la péninsule de l’actuelle Floride, avec à bord, 4200 doublons, dit-on. Je lui réponds par un petit sourire complice. Au fond, un vieil homme à chapeau, attendait dans la pénombre d’une alcôve. Il m’a proposé, contre quelques 300 pièces d’or, la première partie d’une carte au trésor du Pirate le plus célèbre des Caraïbes, Henri Morgans. Le pirate le plus célèbre ! Son trésor doit être énorme. Je regarde à l’heure où j’écris ces lignes le morceau de manuscrit déchiré qui fait office de carte au trésor. Si je reconnais quelques baies déjà croisées, il m’est impossible de me rappeler leur localisation. Pour l’heure, il semble prématuré de chercher un trésor enfoui. Par contre, aller en chercher un à la pointe de l’épée me semble à portée.

28 juin 1660
Quelques encablures à peine au Nord, voilà que Jean Laffite, pavillon rouge, envoyait par le fond un brick de guerre espagnol. Décidément, lui aussi chasse du poisson commun. Qu’importait les bateaux espagnols pour l’heure, ma cible était ce pirate. Le combat s’est engagé sans tarder, avec une canonnade en guise de présentation. Mais Jean Laffite était un homme rusé. Il a man½uvré habilement pour se placer à la poupe de mon vaisseau amiral Alors que les bateaux des différentes nations fuient souvent pour leur salut, ce pirate là n’a pas eu peur de la confrontation. Bientôt, c’est moi, l’assaillant, qui ai été assailli. Quelle stupeur quand j’ai vu son célèbre capitaine débarquer sur le pont, épée en main, provoquant le duel. Mais il ne savait pas encore sur qui il était tombé, trop confiant dans la crainte qu’il pensait me susciter. Sans me démonter, j’ai pris ma rapière pour l’affronter. Mes mouvements rapides et plein de fougue ont rapidement mis à mal le célèbre pirate qui n’eut pas d’autre choix, bientôt, de plonger à l’eau, après s’être pris sur lui une énorme caisse que j’avais lancé sur lui en coupant net un cordage. C’est l’heure du bilan. Un cuisinier et un timonier sont prêts à rejoindre l’équipage, ainsi qu’une petite poignée d’hommes. Je les ai accueilli. Bien sûr, en plus de toutes les marchandises que j’ai pillées ainsi, je me suis également repu d’un bon trésor. J’entends toujours l’équipage faire la fête. Demain je changerai de vaisseau amiral. La Grande frégate de Jean Laffite, le Queen’s Anne Revenge, semble parfaite.

5 juillet 1660
J’ai remarqué que ma frégate n’était pas aussi rapide que je l’escomptais. Il lui manque des voiles en coton. Ceci n’a pas d’importance car je savait où aller : à la cité anglaise de Nassau, où au chantier naval, il est possible d’y en installer. Qui plus est, je pourrais revendre mon sloop, qui ne me sert plus à rien désormais.

15 juillet 1660
Me voici à Nassau. Ici, le gouverneur n’a pas été aussi enthousiaste. L’Angleterre n’est pas en guerre contre l’Espagne. Mes titres de gloire de pirate ne valent rien ici. Seul avoir défait un célèbre pirate a semblé le réjouir. A la taverne, le tenancier m’a indiqué que le Baron Raymundo, qui détient des informations précieuses sur la famille disparue du Capitaine aurait été aperçu près Maracaïbo, une cité espagnole située sur la côte sud-américaine. La distance est considérable ! Il faut traverser la mer des Caraïbes du Nord au Sud, des environs de la Floride à l’Amérique du Sud. En faisant un point sur ma situation, je crois que c’est néanmoins le moment pour se lancer à sa poursuite.

30 septembre 1660
Fort de plus de deux cents cinquante hommes, avec une flotte de quatre navires, des vivres pour tenir environs vingt-sept mois en mer et un vaisseau amiral très performant, le Queen’s Anne Revenge, nous nous dirigeons depuis notre départ de Nassau en direction du Sud. Mais que la route est terriblement ennuyeuse ! Aucun bateau sur la route à piller, parce qu’ils n’osent s’éloigner des côtes. Rien, à part de l’eau et quelques récifs coupants. Je sens le moral des troupes fléchir. Il faut bientôt que nous arrivions, sinon la mutinerie risque d’éclater. Pour tous les sacrifices qu’ils ont enduré pour me suivre, ils veulent être payés maintenant. Mais j’ai besoin d’eux.

13 janvier 1661
Voilà quatorze mois que les hommes sont en mer à suivre les directives de leur capitaine, sans voir le pactole grossir. Comment attaquer le Marquis Montalban dans de telles conditions ? Notre vitesse est si lente, nous ne sommes pas aidés par un vent qui daigne à souffler, perdus dans l’immensité bleue.

7 février 1661
Fort heureusement, les côtes approchent petit à petit. Une ribambelle de cités espagnoles est disposée le long de la côte. Mais nous sommes accueillis à coups de canons. Ma réputation semble m’avoir précédée et la couronne espagnole sait que je suis au service des Français. Mais ceci est en réalité une aubaine. Piller une ville serait le moyen idéal de remonter le moral de mes troupes. Tant de richesses sont dissimulées derrière les murs des cités !

1 mars 1661
Deux cités espagnoles sont tombées après que nous ayons débarqués au sol. Le butin n’est pas des plus élevés, mais il permet au moins de mettre en sursis leur projet de mutinerie.

17 mars 1661
Une dernière cité, Gibraltar, à peine armée d’une soixantaine d’homme s’est directement terminée par un duel entre le capitaine de la garde et moi. J’ai évidemment remporté ce combat des plus aisés, en bon bretteur. Dans les trois cités, fidèle à mon contrat tacite, J’ai uniquement placé des dirigeants français. A la taverne, on m’indique que Montalban est parti de Puerto Cabello à Cumaná il y a ceci une quinzaine de jour. L’écart se réduit. Il faut l’attaquer au plus vite, avant que le moral de l’équipage fléchisse définitivement et que la mutinerie éclate.

20 mars 1661
Le Queen’s Anne Revenge a remonté contre le vent toute la côte espagnole, sans prendre en compte les bateaux qui peuplent ses eaux. Le timonier ne cesse de tirer des bords pour avancer comme il le peut. Finalement l’imposant Galion de guerre du Baron est en vue, remontant de Cumaná vers le Nord.

22 mars 1661
Nous l’avons suivi et j’ai ordonné de lui couper la route. Le combat s’est engagé aussitôt. Les doubles rangées de canons du Galion sont destructrices et ont commis de lourds dégâts à la frégate, mais celle-ci a réussi à avancer coûte que coûte, les voiles déchiquetées, la coque percée, pour provoquer l’abordage au plus vite, qui était notre seul moyen de l’emporter. Du haut du mat sur lequel je me tenais, j’ai aperçu le Baron sortir en tirant avec ses pistolets pour me provoquer directement au duel… Je me suis jeté sur lui sans attendre. Malgré une résistance honorable du Baron, mon désir de vengeance l’a emporté. Voilà qu’il a posé un genou à terre et levé les mains pour conclure un marché : la vie sauve contre une information. J’ai accepté. Il m’a remis un fragment d’une carte où se situerait ma s½ur. Après le combat et les nombreuses pertes humaines, le c½ur de l’équipage n’y est plus. Le Galion est coulé. Extrêmement puissant et dévastateur, il n’en demeure pas moins lent et inapte à naviguer contre le vent. Il n’est pas adéquat pour le mode de navigation d’un Pirate.

27 avril 1661
La Frégate a rejoint avec peine, avec plus d’un mois de mer supplémentaire, la Guadeloupe, un port ami. Là, impossible d’y échapper, il a bien fallu partager le butin avec mes hommes. Chacun s’est emparé avec avidité de sa petite fortune. Je leur ai fait subir de dures épreuves, mais la récompense est à la hauteur des efforts consentis. Je repars à zéro, avec quarante nouveaux hommes frais et motivés, ainsi que ma précieuse frégate. Avant de me mettre au repos pour quelques mois, je m’enquiers auprès du gouverneur de la situation internationale. J’apprends de sa bouche qu’un traité de paix a été conclu avec l’Espagne. Cela ne fait plus mon affaire, même si les immenses dégâts que j’ai pu causer à l’Espagne n’y sont certainement pas pour rien.

3 novembre 1661
Voilà une semaine que je suis reparti de la Guadeloupe et je suis étonné de voir déjà des côtes apparaître. Le fort vent qui balaie la mer des Caraïbes d’Est en Ouest nous a poussé très rapidement à quelques lieux de la Habana. Nous nous mettons à la recherche de ma s½ur.

5 novembre 1661
Après quelques jours de flottement et de recherches infructueuses, j’ai trouvé une vieille cabane délabrée dans une clairière de la jungle. Dedans, j’ai trouvé ma s½ur assoupie. Elle voyage toujours avec nous en ce moment. Quelle joie cela a été ! J’ignore si elle perçoit mon émotion de l’avoir à mon bord. Je crois que la retrouver après tant d’années d’inquiétude est un sentiment indicible. Il reste néanmoins ma tante et mon oncle, toujours aux mains de ce maudit Baron… Ma s½ur m’a confié posséder une partie de carte d’un trésor légendaire, celui des Incas. Avec un tel trésor, je pourrais être le plus puissant de tous les pirates et nul ne pourra se mettre en travers de mon chemin ! Une nouvelle aventure commence…


Numerimaniac

- Publié le 22/02/2010 -

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